« Les alliances inconscientes », par le Dr Karine Vandame (compte-rendu)

Le Dr Karine Vandame nous a présenté (le 25 juin 2013), le résumé de lecture du chapitre 10, « Les alliances inconscientes », du livre de René Kaes, Un singulier pluriel, la psychanalyse à l’épreuve du groupe, Dunod, 2007.

Kaes a développé le concept de réalité psychique groupale. L’enfant nait dans un groupe. Il est pris dans les rêts de ce groupe et pas seulement dans le désir de sa mère. Donc, le sujet se construit déjà de manière groupale. A l’extrême, le couple que nous formons avec nous-même, est déjà un groupe ! Par conséquent, le lien formé avec la mère constitue donc un groupe.

L’approche de ce groupe en psychothérapie nécessite des aménagements qui en tiennent compte car les manifestations de régression apparaissent facilement. La famille se mettrait à rêver.

Le principe de cette psychothérapie est le suivant. Quand un enfant présente un symptôme, que la psychothérapie lui permet de s’en décoller, sa famille réagit par une levée de boucliers. La résistance est telle que soit l’enfant arrête de se décoller de son symptôme et son symptôme s’exacerbe. Soit, les parents changent de fonctionnement.

Selon Kaes, les alliances qui sont établies dans une famille peuvent s’avérer structurantes, étayantes et non pas seulement délétères. Car, ces liens parviennent à contenir le sujet. Il y a plusieurs sortes d’alliances possibles dont la communauté de déni qui a pour particularité d’empêcher toute intrusion des autres dans la relation établie entre les contractants de cette alliance. Il y a aussi le pacte dénégatif qui se fonde sur ce dont il ne saurait être question dans les discussions. Ce lien est inconscient, ce n’est donc pas son récit qui en permettrait le levée. Il faut contourner ce pacte pour le faire apparaitre.

Le Dr Vandamme a pris l’exemple de Clara, pour illustrer une alliance établie sur une communauté de déni. Une enfant exemplaire en ce sens que son symptôme est en quelque sorte partagé entre elle et sa mère.

Clara se trouve en difficulté scolaire et bénéficie du soutien du Rased. A l’âge de sept ans, elle se comporte comme un bébé agrippé sa mère. Elle a la caractéristique de se laisser glisser du haut de sa chaise alors que sa mère fait le geste de la repousser (au lieu de tenter de la rattraper). Sa mère parviendra un jour à exprimer son vœu de mort à l’encontre de sa fille.

Lors des entretiens réalisés en présence de la mère et de la fille, le dialogue s’établit d’une façon très particulière. Clara répète tout ce que dit sa mère en le négativant. Puis, sa mère prend le relai au point où Clara a laissé son discours. C’est une sorte de dialogue en forme de cadavre exquis. L’alliance établie entre le deux a donc pour effet de mêler leur discours.

Les entretiens mettront ensuite en évidence à quel point le symptôme de Clara et l’alliance avec sa mère répondent à la relation que la mère de Clara avait avec sa propre mère (l’une avait tenté de repousser l’autre). Cette dernière relation avait été jusque-là, l’objet dénié par l’alliance établie avec Clara.

Le Dr Vandamme a ensuite précisé la façon dont la thérapie a évolué sur la base de la prise de conscience de la mère. Elle démontre ainsi la nécessité d’aménager une place au discours de la maman dans les thérapies d’enfant.

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