La longue route de la séparation , par Guillaume Cnudde (compte-rendu)

Guillaume Cnudde a commenté le texte de Bernard Golse sur la séparation, « De la différenciation à la séparation: it’s a long way to go ! », le mardi 29 janvier 2014.

B. Golse enseigne la psychanalyse à Paris, il a beaucoup travaillé avec les mères et les très jeunes enfants, dont les enfants autistes. Pour cet auteur, la question est nettement distincte de celle de la différenciation de l’enfant. En pensant à la séparation, B. Golse aboutit alors au concept d’écart.

Au terme, la séparation est une perte éprouvée par le moi. A condition, que le moi soit constitué, nous rappelle B. Golse. Elle est bien distincte de la différenciation du sujet qui est amené à se distinguer de ses fonctions à un moment où le moi n’est pas encore constitué. La différenciation est donc une étape qui se situe sans l’aide de la séparation, ni celle d’un moi constitué. B. Golse le proclame: «tout n’est pas séparation ! ».

L’intérêt clinique de ces distinctions est de permettre de mieux cerner les différentes angoisses qu’un enfant peut éprouver. B. Golse évoque les angoisses des sujets qui situent comme des nomades, des dyades ou des individus qui ont eu accès à la séparation. Les nomades sont des êtres qui ne se différencient pas de leur environnement. Elles éprouvent des angoisses très archaïques. Les dyades ont eu accès à l’existence d’un autre être que le leur mais, auquel elles sont accrochées et adhérentes. Elles vivent alors des angoisses d’amputation ou d’arrachage, par exemple.

G. Cnudde a expliqué comment les notions de contenu et d’enveloppe promues par Bion, sont pertinentes et peuvent nous aider à appréhender toutes ces notions. Le contenant est une fonction, celle de définir un contenu et de permettre au sujets de s’exprimer. Cette fonction est étroitement articulée au langage et aux émotions.

Par la suite, B. Golse estime que « le langage signe la séparation» car le langage joue comme un lien. La séparation, ainsi réduite à des éléments de langage, nécessite la présence d’un personnage tiers dans une relation à trois.

Ce qui permet justement de ne pas avoir besoin du langage pour évoquer la différenciation. Alors, l’enfant est conduit à établir des échanges et des communications par d’autre voies que celles du langage. Avec des moyens analogiques ou « préverbaux », précise B. Golse. C’est ce point qui a fait l’objet de la principale discussion de la soirée dans la mesure où il est difficile de concevoir des communications qui ne soient pas un langage.

Pour conclure, B. Golse fait le portrait d’enfants créatifs, tenus à inventer ce qui leur permet de se tenir dans le monde: « l’enfant est poète et théoricien ».

Références de l’article : Golse B., « De la différenciation à la séparation: it’s a long way to go ! », Revue française de psychanalyse, Paris, PUF, 2001/2, vol. 65, p.369-380, consultable sur internet en cliquant sur ce lien

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