La séparation chez Jacques Lacan, par Pascale Vanderschaegh-Pennel, (compte-rendu)

Pascale Vanderschaegh-Pennel est intervenue le mardi 11 mars 2014, sur le thème de « La séparation chez Jacques Lacan », à partir du commentaire du séminaire « Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse (1963-1964)», Le séminaire, livre XI, Paris PUF.

Lacan évoque l’œuf (comme objet petit a) qui sert à repriser les chaussettes trouées. Une pratique qui vient imager la séparation. Cet objet petit a présente deux pôles. Une partie dans l’Autre, une autre dans le sujet. L’objet petit a comble un trou (comme dans l’expérience du bouquet inversé que Lacan cite dans le séminaire).

Lacan avait déjà parlé de l’aliénation dans le miroir, sur l’axe imaginaire : j’existe en me voyant dans l’autre. Dans ce séminaire, la séparation doit être conçue comme se produisant dans une deuxième temps après l’aliénation. A concevoir comme une opération, elle-même produit du langage.

L’aliénation est l’une des trois opérations logiques du « ou », le vel. Il y a le « ou bien… ou bien » (je vais là ou là). Il y a le « ou » exclusif (c’est noir ou blanc). Et il y a le « ou » qui implique une perte automatique. Il correspond à l’aliénation au langage dont il s’agit pour Lacan.

L’aliénation marque le passage du sujet d’un signifiant à un autre. Lors de ce passage, se produit l’aphanasis du sujet. Puis, le sujet à la recherche de ce qu’il vient de perdre, il tentera de déchiffrer les traces inconscientes qui lui ont été transmises et qui lui donnent une place dans l’Autre.

Par exemple, l’enfant entend sa mère parler de lui. Mais, a-t-elle dit ceci ou est-ce plutôt cela ? L’enfant s’interroge et se trouve aliéné dans ce binaire de signifiants.

De quoi a-t-on à se libérer ? De l’effet d’effacement du signifiant. La visée de l’analyste étant l’accès au réel, le transfert renvoi au désir de l’Autre, il est appréhendé dans les manques du désir de l’Autre.

Puis, P. Vanderschaegh-Pennel s’est plus particulièrement intéressé au jeu de la bobine tel que commenté par Lacan. Pour Freud, ce jeu marquait la répétition. Pour Lacan, il évoque l’apparition et la disparition. Ce jeu marque la vacillation du sujet dans le couple des signifiants « fort » et « da ». Pour Freud, l’enfant tamponne l’absence de sa mère avec la bobine. Pour Lacan, l’enfant s’automutile de la bobine, de son objet. Il s’en sépare. Ce qui fait coupure, c’est la parole (les exclamations « fort » et « da »).

Une discussion s’est alors développée sur le fait clinique que quelque chose peut apparaître quand le sujet est confronté à un vide. Ce qui est le cas d’un événement récent : un avion qui traversait l’océan atlantique a disparu des écrans radars. Alors, s’ensuivent de nombreuses interrogations angoissantes.

Pour conclure, P. Vanderschaegh-Pennel évoque le schize du regard. Pour rappeler, que lorsque le sujet regarde un tableau, il est apaisé. Car, grâce au tableau, l’œil est « séparé » du regard. Sauf pour certains tableaux, où quelque chose nous est jeté aux yeux. Alors, ces tableaux nous regardent. Le regard souligne le schize de l’être et du semblant, un tigre de papier.

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